culture, papier du Dimanche

LA PROBLÉMATIQUE DE L’ART CONTEMPORAIN AU CAMEROUN: AU O-TALK DE DIANE AUDREY NGAKO

Jeudi 14 Septembre dernier dans la ville de Douala au Cameroun s’est tenu le « rendez-vous du Cameroun qui gagne », il s’agit d’une autre édition des O-talk organisés par Diane Audrey NGAKO.

C’EST QUOI LES O-TALKS?

Les O-talks peuvent être décrits comme des rendez-vous d’échanges et de partages d’expérience avec des professionnels dans des domaines variés de la culture. Le but est de pouvoir mettre à nue certaines problématiques et en ressortir avec des suggestions et des leçons. Cela permet d’éviter les longs discours souvent non productifs. C’est la raison pour laquelle le slogan de ce programme est d’ailleurs  » le rendez-vous du Cameroun qui gagne ». Diane Audrey se fait accompagner dans cette initiative depuis le départ par la Société Générale et la Galerie MAM et pour cette quatrième cédition, par Chivas également.

 

QUI EST DIANE AUDREY NGAKO?

« Visiter l’Afrique », ça vous parle? Jeune Camerounaise de vingt six ans amoureuse de son continent, extrêmement positive, optimiste et très accessible, l’initiatrice de ce projet est une passionnée de culture.

Née au Cameroun, elle rejoint sa mère dans le Loiret en 2003 à l’âge de 12 ans. “Je suis passée d’un pays bruyant et plein de vie à un village très calme où il n’y avait pas de noirs”, déclare-t-elle en riant. Une fois son bac en poche, elle s’envole pour Washington pour une année d’études politiques suivie d’un stage dans une grande institution internationale.

À son retour en France, elle décide de faire de la communication. Parallèlement à ses études, elle écrit pour Roots magazine où elle gravit très vite les échelons jusqu’à devenir rédactrice en chef. L’idée de Visiter l’Afrique lui vient en 2013 après un voyage dans son pays d’origine où elle n’avait pas remis les pieds depuis dix ans. “Je suis passionnée de photos, et je voulais créer un blog sur le tourisme au Cameroun, en même temps qu’un compte Twitter, une page Facebook… Dix jours avant le lancement officiel, j’en ai parlé à des amis qui m’ont conseillé d’élargir mon sujet et de ne pas me limiter à un seul pays.” Le surlendemain, elle achète un nom de domaine et décide d’en faire une plateforme collaborative afin de créer une communauté de voyageurs qui auraient visité des pays qu’elle ne connaît pas.

GEEK MAGAZINE, Mars 2016.

 

Puisque Diane Audrey estime que pour mieux parler de l’Afrique et ses réalités il faut y vivre, elle a pris la décision de s’installer au Cameroun en 2013. Le projet « visiter l’Afrique » a pour but de revaloriser l’Afrique , de montrer son visage positif, chaleureux et optimiste que l’on ne retrouve pas souvent dans les média et les discours occidentaux. Ainsi, à travers des albums photos, vidéos et récits, le site « visiter l’Afrique » se veut une véritable plateforme d’ouverture aux profondeurs prometteuses du continent noir.

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Cette dernière session de O-talk a tout simplement été magnifique de par les invités (plus nombreux) et la thématique très pertinente : l’art contemporain  » Camerounais « , pourquoi ne brille t-il pas comme dans certains pays d’Afrique tel que le Sénégal, le Nigeria ou l’Afrique du Sud? Pourquoi nos artistes sont portés à l’extérieur du pays mais pas ici? Que faire afin que le Cameroun devienne un carrefour artistique en Afrique?

DES INVITÉS PRESTIGIEUX

– L’artiste plasticien Camerounais, Jean David NKOT, a entretenu le public sur son expérience dans le pays. Les problèmes principaux auxquels ils (les artistes Camerounais) doivent faire face. Il s’agit de la difficulté qu’il y’a à se procurer du matériel approprié pour leur travail. Ensuite la nécessité d’une bonne communication afin d’amplifier la connaissance et même visibilité des oeuvres d’art. Sans oublier le manque de formation (entendons dans ce sens sensibilisation) sur ce qu’est l’art contemporain, car beaucoup ne s’y intéressent pas par manque de culture et parce qu’ils pensent que cela est réservé à une catégorie sociale dont ils ne font pas partie. Enfin, le dernier point décrié par l’artiste invité était l’absence d’un collectif soudé d’artistes qui se soutiendraient et parleraient d’une même voix pour leurs droits.

Mohammed CISSE, en service à la galerie MAM a également déploré le manque de culture ou plutôt d’informations de beaucoup de personnes, ce qui fait parfois qu’il est possible de n’avoir aucun visiteur dans la galerie pendant un mois entier!  De plus il y’a un très faible taux de consommateurs d’art plastique chez nous.

Aude Christelle MGBA, Commissaire de galerie en service à Doual’art a édifié le public sur le rôle des commissaires, notamment l’accompagnent de l’artiste dans l’organisation d’expositions et le processus de mise en valeur de ses oeuvres. Elle a d’ailleurs assimilé le métier (encore peu connu chez nous) à celui de « manager » en quelque sorte (car la musique est l’art le plus connu chez nous).

Sylviane MOUDEKE, Directrice de Marketing et Communication à la Société Générale au Cameroun a rappelé le soutien de sa structure aux activités culturelles et a exhorté les artistes à s’ouvrir et aller vers des entreprises pour des sponsorings ou partenariats. Car même si on a l’idée selon laquelle les portes sont fermées on ne saura jamais vraiment, si on ne se rapproche pas et on ne toque pas.

 

DES  CONTRIBUTIONS

*Pour palier aux problèmes d’informations et de formations il a été suggéré aux galeristes et artistes d’ouvrir leurs oeuvres à la masse. De penser à des actions sensibilisation afin que les populations sachent qu’il n’est pas obligé d’appartenir à une catégorie sociale précise pour porter de l’intérêt à l’art. Si la majorité trouve le coût des oeuvres d’art élevé et n’en consomme donc pas,c’est parce qu’elle ignore le travail derrière et ne sait pas l’intérêt que l’art peut lui apporter. Au final, ce n’est pas une question de finance mais de mentalité, car on aura beau offrir une toile à une personne non intéressée par l’art qu’elle ne l’accrochera sûrement pas chez elle.

*Se rapprocher des populations de la ville de Douala en créant des espaces plus proches d’eux est également une idée qui a découlé de l’échange. Car il faut dire que les deux seules galeries de Douala (MAM et DOUAL’ART) sont situées à Bonanjo, un des quartiers huppés de la ville. Même s’il est vrai que les artistes reçoivent souvent dans leurs différents ateliers.

* L’artiste Hip Hop très optimiste Louise ABOMBA faisait partie du public et a souligné un point très important dans notre contexte actuel : le digital. De nombreux Camerounais sont de plus en plus connectés, c’est ainsi qu’à travers son programme « sous le manguier » diffusé sur sa page facebook, elle échange en live avec des artistes sur leurs expériences, leur quotidien, leur travail. Cela afin de briser la barrière qui les sépare des populations et pouvoir en quelque sorte informer les internautes qui la suivent, sur l’art.

* Yvon NGASSAM, artiste photographe, faisait également partie du public, et a tenu à apporter sa contribution en parlant de son projet « Bandjoun entre Ruralité et Contemporanéité » à travers lequel il va à la rencontre des populations (citadine et rurale) de Bandjoun. Il s’agit aussi d’une communion avec l’architecture de la ville de Bandjoun grâce à la photographie afin de garder des archives photographiques de celle-ci.

En définitive, la soirée du 14 Septembre a été pour moi très intéressante, du fait que des aspects problématiques de l’art contemporain au Cameroun ont été mis à nue et des idées de résolutions, suggérées. Tout cela dans une très bonne ambiance avec la modératrice très « fun » (Diane Audrey) et un public très participatif. Il s’agissait également d’une occasion de réseautage, car les invités et les participants ont pu échanger lors d’un cocktail offert par le partenaire Chivas en fin de soirée.

site Visiter l’Afrique

Facebook Diane Audrey NGAKO

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MW

 

 

 

2 réflexions au sujet de “LA PROBLÉMATIQUE DE L’ART CONTEMPORAIN AU CAMEROUN: AU O-TALK DE DIANE AUDREY NGAKO”

  1. Mlle Marielle MW bonjour,
    Je me permets ce petit moment de relachement au bureau pour glisser mon commentaire. Je regrette mon absence a la derniere edition du O-TALK comme j aurais voulu etre des votres… Alors le sujet relatif a la problematique de l art contemporain au Cameroun me rappelle les moments de discussion que j avais mon prof. de philo en classe de terminale il y a peu. Cette problematique est d abord liee au manque de culture artististique (arts visuels comme la peinture , le dessein, la sculpture) observe aupres d une bonne frange de la population. Je crois que chez plusieurs personnes , le declic se produira lorsque l interrogation ci-dessous se fera pressante …
    Que peut-on apprendre d une oeuvre d art ?

    je reviendrai…

    Je vous souhaite une bonne fin de journee !

    Khristian Hervey

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