culture

LA MUSIQUE URBAINE FAIT PEUR AUX « VIEUX »

A la maison familiale avec mes frères et sœurs , on appelle papa « le vieux » et maman « la vieille », lorsque je parle des vieux ici il s’agit des parents et en Afrique le parent n’est pas juste celui qui t’a mis au monde mais toute personne mature et assez âgée pour pouvoir t’avoir comme enfant. Ce terme n’est donc aucunement utilisé dans un sens péjoratif.

Quand on parle de musique urbaine aux anciennes générations, elles pensent à « voyoutisme » « banga », pantalons baissés aux « grossièretés » et autres gestes assimilés au manque de respect de la part des jeunes. Lorsque mon petit frère en deuxième année universitaire a dit qu’il faisait du rap les vieux ont mis les mains sur la tête. « avec ton école qui coûte des millions là tu veux déjà te droguer et marcher avec les bandits ».

C’est clair que pour les vieux ce que nous appelons musique urbaine n’a pas d’avenir, ne pourra avoir aucun impact et mériterait même d’être bannie. Je crois qu’on ne devrait pas les en vouloir totalement. Par exemple, ma mère s’est insurgée quand Francko a dit « même si c’est ta tante, c’est d’abord la fête, aka colle les bêtises »  jusqu’à me dire que je ne devrais plus jouer cette musique près de mon fils ou je mets simplement mes écouteurs. lol. Maalhox n’a rien arrangé avec « tuer pour tuer », « tu montes, tu descends » et ses « mouf ta maman »; là moi aussi je me suis insurgée et je me souviens avoir partagé un article d’Atome dans lequel il trouvait que Maalhox nous souillait déjà à un certain niveau.

Toutefois, j’ai envie de leur dire tout n’a pas toujours été blanc comme neige avec la musique locale en leur temps hein. je me souviens que je chantais « touche pas à ma chatte » à l’âge de 8 ans, « piqué hé je vais piquer piqûre » à 12 ou 13 ans (c’était du pure Bikutsi),  même si je n’avais pas encore l’esprit très ouvert comme les petits monstres que nous accouchons aujourd’hui. De plus, il n’y a pas que de la mauvaise graine (comme ils appellent) chez les jeunes actuellement; demandez à Locko, Xmaleya et Mr Leo.

A mon avis, ce qui fait le plus peur aux vieux dans cette affaire de musique urbaine c’est le rejet de notre culture (expiration de notre benskin, assiko, bikutsi, makossa …), l’oublie de nos valeurs Camerounaises. Il s’agit de quelque chose d’étranger pour eux et ils sont réfractaires aux changements.

J’ai envie de leur dire à ce niveau:

les vieux, ne vous en faites pas! Ecoutez moi un peu « ou même » de Jovi et  « Manamuh » de Reniss ; dites moi si les instruments utilisés ne sont pas ceux du terroir (nous n’allons pas lâcher notre mendjang). Quelle mater, Béti en particulier, ne va pas se lever si le DJ balance « La sauce »? Elle va sortir ses vraies pichs de bikutsi hoha! Les amoureux du makossa ne vont-ils pas kossa sur « ndolo » de Daphné? La diversité a toujours été considérée comme un avantage dans notre pays, que ces mixages de styles et rythmes (traditionnels et modernes) dans les chansons dites « urbaines » ne vous fassent pas peur.

Donnez une chance à la musique urbaine, car il est important que nous traversions nos frontières et vantions notre pays. Au lieu s’insurger face aux brébis galeuses et penser au bannissement des nouveaux styles, pensons à la collaboration. Big up à papa Ben Decca à tonton Jacques Greg Belobo et aux Canal d’or.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s